Poser ses valises au Québec, c’est un mélange d’excitation et de vertige devant la liste des démarches à faire. Bonne nouvelle : la plupart de ces démarches peuvent avancer en parallèle dès les premiers jours plutôt que dans un ordre strict. Voici les sept chantiers à ouvrir, avec les quelques cas où l’ordre compte vraiment.
1. Ouvrir un compte bancaire et une carte de crédit sans historique canadien
C’est l’une des premières briques à poser. Sans emploi confirmé ni historique de crédit au Canada, tu peux tout de même accéder à des forfaits pensés pour les nouveaux arrivants — mais reste attentif aux conditions précises, qui varient selon les promotions en cours.
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Banque Nationale – offre Nouveaux Arrivants : la première année est sans frais mensuels. Des frais réduits s’appliquent normalement durant les deuxième et troisième années ; ils peuvent être entièrement évités en maintenant un solde minimal ou en réunissant plusieurs conditions précisées par la banque (carte de crédit Mastercard, relevés électroniques, dépôt de salaire ou paiements électroniques réguliers). Tu peux demander une carte de crédit sans historique de crédit canadien, mais elle reste soumise à l’approbation habituelle de la banque : il n’y a pas de limite garantie d’avance. Vérifie les conditions et la durée exacte de l’offre sur bnc.ca au moment de ta demande, car elles évoluent régulièrement.
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Desjardins – offre Nouveaux Arrivants : compte courant avec le forfait L’Illimité à 0 $ par mois pendant la période d’admissibilité, et service gratuit d’assistance juridique pendant deux ans. Tu peux aussi demander une carte de crédit sans frais annuels, sous réserve d’approbation — elle n’est pas incluse automatiquement. Tu peux commencer l’ouverture du compte depuis l’étranger et, sous certaines conditions, transférer des fonds avant ton arrivée. Vérifie les limites, les frais et les pays admissibles directement avec Desjardins plutôt que de te fier à un montant générique. Les primes de bienvenue ponctuelles vont et viennent : vérifie l’offre en cours sur desjardins.com.
Contrairement à une idée reçue, le NAS (numéro d’assurance sociale) n’est normalement pas exigé pour obtenir une carte de crédit, un prêt ou une hypothèque. Il peut être demandé pour un compte qui produit des intérêts, à des fins fiscales. Tu peux donc généralement ouvrir ton compte et demander ta carte sans attendre le NAS, sous réserve de l’approbation de crédit habituelle.
Un point pratique à connaître : l’ouverture en ligne de certains comptes (chez Desjardins notamment) peut demander un numéro de téléphone canadien. Si c’est ton cas, il peut être plus simple de régler ton forfait mobile en premier — d’où l’intérêt de voir ces démarches comme flexibles plutôt que dans un ordre figé.
2. Choisir un forfait mobile et Internet sans historique de crédit
Plusieurs opérateurs québécois permettent de souscrire un forfait mobile sans vérification de solvabilité, avec une simple carte de paiement.
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Fizz (réseau Videotron) : une option courante chez les nouveaux arrivants. Tu commandes une carte SIM en ligne (des offres d’eSIM gratuite existent aussi pour les téléphones compatibles), tu choisis un forfait sur mesure et tu paies d’avance, sans contrat ni vérification de crédit. Fizz propose aussi de l’Internet résidentiel sans contrat, avec des débits allant de 10 à 200 Mbps, modem livré chez toi.
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Public Mobile (réseau Telus) : même principe en prépayé, sans entente.
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Oxio : autre fournisseur d’Internet résidentiel sans contrat, avec plusieurs choix de débits.
Les prix évoluent souvent au gré des promotions : utilise le configurateur en ligne de chaque fournisseur au moment de ton arrivée plutôt que de te fier à un tarif fixe. Dans tous les cas, prends un forfait mobile rapidement : tu auras besoin d’un numéro local pour postuler à des emplois, contacter des propriétaires et activer tes autres services.

3. Se procurer une carte Opus et comprendre le réseau de transport
Que tu sois à Montréal, à Laval ou à Longueuil, la carte rechargeable OPUS est le moyen le plus pratique de circuler au quotidien (des titres occasionnels existent aussi sur d’autres supports pour un usage ponctuel). Tu peux l’acheter en station de métro, dans certaines succursales Jean-Coutu et Pharmaprix, ou aux comptoirs de la STM.
Depuis le 1er juillet 2026, la carte régulière coûte 6 $, et le titre mensuel Tous modes pour la zone A (Montréal) est passé à 110 $. Les tarifs varient selon ta zone de résidence (A, AB, ABC) : vérifie la grille exacte sur artm.quebec avant d’acheter, car Laval et Longueuil ne sont pas toujours couverts par le même titre que Montréal. Les autobus, le métro et le train de banlieue sont accessibles avec ces titres ; le vélopartage BIXI, en revanche, fonctionne avec son propre abonnement séparé, même si l’application Chrono permet d’y accéder facilement.
Achète ta carte Opus dès ton premier déplacement : tu éviteras la tarification à l’unité en espèces et tu gagneras du temps.
4. Faire ta demande de NAS sans attendre
Le NAS (numéro d’assurance sociale) est nécessaire pour que ton employeur puisse te verser ta paie et remplir ses obligations fiscales à ton égard. Contrairement à une idée répandue, il n’est pas une condition pour signer une offre d’emploi : tu peux généralement accepter un poste avant de l’avoir reçu, à condition de le transmettre à ton employeur rapidement. Si tu es légalement autorisé à travailler, tu peux même commencer ton emploi après avoir simplement présenté ta demande de NAS, sans attendre de recevoir le numéro — transmets-le ensuite à ton employeur dès qu’il est disponible.
Tu peux faire ta demande de trois façons :
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En ligne, au moyen du service de demande de NAS : le traitement prend généralement environ 5 jours ouvrables lorsque le dossier est complet. Tu peux ensuite consulter ton NAS dans Mon dossier Service Canada si tu es admissible à la réception électronique.
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Par la poste : compte plutôt environ 20 jours ouvrables après la réception d’un dossier complet.
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En personne, dans un centre Service Canada : le NAS peut généralement être attribué sur place si tous les documents sont acceptés. Certains points de service fonctionnent sur rendez-vous, d’autres accueillent sans rendez-vous — vérifie les modalités du centre le plus proche de chez toi.
Les documents requis dépendent de ton statut. Tu dois généralement fournir un document principal prouvant ton statut au Canada — par exemple une confirmation ou une carte de résidence permanente, un permis de travail, ou un permis d’études autorisant à travailler — ainsi qu’un document secondaire confirmant ton identité, comme un passeport valide. Vérifie la liste personnalisée de Service Canada avant de déposer ta demande.
5. T’inscrire à la RAMQ dès que possible
C’est ici que l’ordre compte vraiment, et dans le sens inverse de ce qu’on pourrait croire : mieux vaut t’inscrire à la RAMQ le plus tôt possible après ton arrivée plutôt que d’attendre d’avoir réglé le logement ou d’autres démarches.
Le délai de carence général peut atteindre 3 mois. Il débute à la date de ton inscription, si tu es déjà au Québec et que tu as tous les documents requis — pas à la date de ton arrivée. Concrètement, plus tu attends pour t’inscrire, plus tu repousses le début de ta couverture : inscris-toi dès que possible après ton arrivée, en parallèle de tes autres démarches. Pendant la période de carence, une assurance privée temporaire est recommandée, sauf si tu es exempté (voir ci-dessous).
Un point important si tu arrives de France : grâce à l’entente de sécurité sociale entre le Québec et la France, certaines personnes venant s’établir au Québec, étudier, effectuer un stage ou travailler avec un statut admissible peuvent éviter le délai de carence. Le formulaire à obtenir avant le départ varie selon ta situation (par exemple SE 401-Q-207 pour certaines personnes qui s’établissent, SE 401-Q-102 pour les étudiants, SE 401-Q-104 pour certains stagiaires). Attention : les titulaires d’un permis de travail ouvert, ce qui inclut de nombreux cas de PVT, ne sont généralement pas admissibles à cette exemption. Vérifie ton éligibilité précise et le bon formulaire directement auprès de la RAMQ avant ton départ.

6. Trouver un logement à distance sans se faire arnaquer
Chercher un toit depuis l’étranger est probablement l’étape la plus stressante. Reste méthodique et méfie-toi des offres trop belles pour être vraies.
Plateformes fiables à privilégier :
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Centris.ca : plateforme regroupant les annonces publiées par des courtiers immobiliers québécois, qui doivent être titulaires d’un permis et sont encadrés par l’OACIQ — c’est cet encadrement qui offre une vraie protection, plus que le site lui-même.
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Louer.ca : large inventaire de logements. Comme sur toute plateforme, vérifie toi-même l’identité et le sérieux de l’interlocuteur avant tout engagement.
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Kangalou : interface moderne, recherche cartographique pratique.
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Groupes Facebook régionaux (par exemple « Location Montréal – sans intermédiaire ») : beaucoup de cessions de bail ou de sous-locations y circulent. Privilégie les groupes bien modérés, et vérifie toujours les informations partagées par toi-même.
Signaux d’alerte à surveiller :
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On te demande un dépôt de garantie, quel qu’en soit le motif (dommages, meubles, clés) — c’est illégal au Québec. Le seul montant qu’un propriétaire peut exiger d’avance est le premier mois de loyer. Une clause de bail qui prévoirait un dépôt supplémentaire est sans effet, même si tu l’as signée.
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Le propriétaire refuse une visioconférence en direct et insiste pour un paiement rapide.
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Les échanges se font uniquement par courriel, sans numéro de téléphone vérifiable.
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L’annonce promet un loyer très en dessous du marché et utilise des photos génériques.
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On te réclame ton NAS avant tout contrat. Le NAS n’est normalement pas requis pour louer un logement : s’il t’est demandé à ce stade, c’est un signal à prendre au sérieux.
Si tu débarques sans logement, réserve un hébergement temporaire (auberge, Airbnb) pour une dizaine de jours et visite en personne. Ça t’évitera bien des déconvenues — et prévois que la recherche peut prendre plus de temps que prévu selon la ville et la période de l’année.
7. Mettre en place les services essentiels avant l’emménagement
Une fois le bail signé, deux formalités sont à régler pour le jour J.
Hydro-Québec : signale ton emménagement en ligne dès que tu connais ton adresse et ta date de prise de possession. Pour un nouveau client résidentiel, un dépôt n’est normalement pas exigé simplement parce que tu es nouvel arrivant ou que tu n’as pas d’historique de crédit québécois. Un dépôt peut en revanche être demandé dans certaines situations précises, notamment en cas de retard de paiement antérieur ou de recours à la loi sur la faillite au cours des 24 derniers mois. Si l’une de ces situations te concerne, renseigne-toi directement auprès d’Hydro-Québec sur les conditions applicables.
Assurance habitation : il n’existe pas d’obligation légale générale qui impose une assurance habitation à tous les locataires québécois. Certains propriétaires ou règlements d’immeuble l’exigent par une clause spécifique au bail, et même lorsque ce n’est pas le cas, l’assurance locataire reste fortement recommandée. Compte généralement entre 25 $ et 40 $ par mois selon la couverture, avec des assureurs comme Desjardins Assurances, Beneva, ou des courtiers comme YouSet. Vérifie les exigences précises de ton bail avant l’emménagement.
Budget à prévoir : une estimation, pas une garantie
Il est difficile de donner un chiffre unique fiable, tant les coûts varient selon la ville, le quartier et ta situation. Voici les postes à anticiper, avec des ordres de grandeur à vérifier au moment de tes démarches :
| Poste | Ordre de grandeur |
|---|---|
| Compte bancaire et carte de crédit | Frais mensuels souvent réduits ou nuls la première année |
| Téléphone mobile | Variable selon le forfait choisi — vérifie le configurateur du fournisseur |
| Internet résidentiel (installation + 1er mois) | Variable selon le débit choisi |
| Carte Opus (carte + passe mensuelle zone A) | Autour de 116 $ (à confirmer sur artm.quebec) |
| Hydro-Québec | Ouverture ou changement d’adresse généralement sans dépôt pour un nouveau client résidentiel ; exceptions liées notamment à certains antécédents de paiement |
| Assurance habitation | Environ 25 à 40 $ par mois |
| Loyer (1er mois) | Varie fortement selon la ville et le quartier — les loyers demandés aux nouveaux locataires sont généralement plus élevés que les moyennes citées pour l’ensemble du parc locatif |
| Couverture santé temporaire (si applicable) | Coût variable selon l’assureur, l’âge et la couverture — à comparer directement |
Plutôt que de viser un total précis, prévois une marge de manœuvre confortable pour couvrir plusieurs mois sans revenu stable, et vérifie les prix réels des logements disponibles dans la zone où tu comptes t’installer avant de fixer ton budget.

Ressources communautaires utiles
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Accompagnement Québec : service gratuit et personnalisé destiné aux personnes immigrantes. Depuis le 1er juillet 2026, l’accompagnement en prédépart est offert directement par le ministère de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration (MIFI), tandis que les services d’installation et d’intégration une fois au Québec sont pris en charge par ses organismes communautaires partenaires.
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Le Bureau d’intégration des nouveaux arrivants à Montréal (BINAM) : une structure de la Ville de Montréal qui coordonne les actions d’intégration socio-économique à l’échelle municipale. Pour un accompagnement personnel concret, tourne-toi plutôt vers les ressources municipales pour nouveaux arrivants et les organismes communautaires partenaires du MIFI dans ta région.
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Les groupes Facebook « Français au Québec » et « PVTistes au Canada » : utiles pour des retours d’expérience au quotidien, mais à croiser avec des sources officielles avant de t’y fier pour des démarches administratives.
En conclusion
Il n’y a pas de calendrier universel pour s’installer au Québec : certaines démarches peuvent avancer en parallèle dès les premiers jours, mais les délais varient selon ton statut, tes documents, la ville où tu t’installes et la disponibilité des logements. En gardant ces sept chantiers en tête — et en vérifiant les chiffres au moment de tes démarches plutôt qu’en te fiant à un article — tu avanceras sereinement.
FAQ
Faut-il suivre un ordre précis pour ces démarches ?
Pas de façon rigide. La plupart peuvent avancer en parallèle. La RAMQ fait exception : inscris-toi le plus tôt possible après ton arrivée, car le délai de carence commence généralement à la date de ton inscription lorsque ton dossier est complet — attendre ne fait que repousser le début de ta couverture.
Le NAS est-il obligatoire pour signer un contrat de travail ?
Non. Le NAS sert à la paie et aux obligations fiscales de ton employeur, mais tu peux généralement accepter une offre d’emploi avant de l’avoir reçu, à condition de le transmettre rapidement une fois obtenu.
Un propriétaire peut-il demander un dépôt de garantie au Québec ?
Non, c’est illégal, quel que soit le motif invoqué (dommages, meubles, clés). Le seul montant qu’il peut exiger d’avance est le premier mois de loyer.
Les Français bénéficient-ils d’un traitement particulier pour la RAMQ ?
Dans certains cas, oui. Grâce à l’entente de sécurité sociale entre le Québec et la France, certaines personnes venant s’établir, étudier, faire un stage ou travailler avec un statut admissible peuvent éviter le délai de carence, avec le formulaire approprié à obtenir avant le départ. Les titulaires d’un permis de travail ouvert, ce qui inclut beaucoup de PVT, n’y sont généralement pas admissibles.
Hydro-Québec demande-t-il un dépôt aux nouveaux arrivants ?
Pas normalement, du simple fait d’être nouvel arrivant. Pour un nouveau client résidentiel, un dépôt est surtout demandé dans certaines situations précises, comme un retard de paiement antérieur ou un recours à la loi sur la faillite au cours des 24 derniers mois.
Combien coûte réellement une installation au Québec ?
Il n’existe pas de chiffre universel fiable : les loyers et les coûts varient beaucoup selon la ville et le quartier. Mieux vaut vérifier les prix réels des logements et services dans la zone visée plutôt que de se fier à un total générique.



